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La dépêche du CATC

Dépêche / Mars 2018

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La réalité de l'être

Michel Laurent Michel LAURENT, président du CATC

 

Mot du président : la réalité de l’être

 

Dans l’approche de la réalité d’un être, il nous faut distinguer des aspects différents.

D’une part ce qui constitue ce qui nous apparait comme la « créature », et d’autre part ce qui relève de la conscience.

L’être humain est une créature consciente.

Du point de vue de la science occidentale, c’est à dire moderne, la réalité du monde et des êtres qui l’habitent se limite à ce qui est perçu, à cette dimension appelée « matérielle ». Et la vie d’un humain par exemple apparaît comme le produit de cette « matière » ; la "matière" est censée produire la vie, et de là il en découle que le cerveau produit la conscience, et qu’à la mort de celui-ci, la conscience disparaît, emportant avec elle, l’ensemble de la personne, qui en quelque sorte retourne au néant dont elle était sortie. Cela m'a toujours étonné que certains puissent croire à l'existence de quelque chose qui par définition n'existe pas !

 

Ce point de vue qui considère la "matière" comme origine de la Vie n'est pas le nôtre ; il va à l’encontre de ce que nous ont transmis toutes les civilisations traditionnelles passées ; et bien que la mentalité moderne soit une  monstruosité culturelle, de telles conceptions sont admises par la majorité des individus. Pourquoi ? La cause réside dans une vision erronée de la notion de tradition. La science moderne est présentée comme la continuation de la tradition ; cela est aussi vrai que de dire que la maladie est le prolongement normal de l’état de santé ; la science moderne est anti-traditionnelle dans la mesure où elle exclut de ses postulats la prise en compte de la transcendance.

 

L'être humain est constitué de trois domaines de réalité : corporel, psychique, et spirituel

Ces trois domaines sont associés à une conscience qui relève donc de trois modalités différentes de connaissance : conscience corporelle, conscience psychique, et conscience spirituelle.

 

L’ensemble des facultés corporelles et psychiques sert de support aux trois modalités de connaissances : corporelle, psychique, et spirituelle. L’être connaît corporellement, psychiquement, et spirituellement.

La dimension corporelle, ou dimension grossière de l’individualité humaine, se définit par le fait que les fonctions et les substances forment un couple indissociable ; les substances subtiles et grossières alimentent les fonctions, lesquelles produisent en retour les substances subtiles et grossières. L'aspect qualitatif d’une dynamique fonctionnelle est nommée « faculté », au sens « aptitude à ».

La dimension psychique, ou dimension subtile de l’individualité, se définit par le fait que les fonctions qui lui correspondent participent de l’influence générale du couple fonctions/substances et de celle de l’esprit de l’être.

Le domaine spirituel, qui est par définition trans-individuel, est celui de réceptacle de l’Esprit via l’Intellect (Shen).

 

De plus, la conscience est conditionnée dans son exercice par l’Esprit reçu de façon plus ou moins efficiente par l’Intellect, lequel est ce par quoi l’esprit de l’être peut se réaliser, et ce par quoi la conscience psychique et corporelle est animée.

Ce qui implique le fait que la conscience, lorsqu’elle se manifeste dans la dimension psychique, donne de la réalité une représentation limitée qui participe de la nature de cette dimension. La qualité de conscience, quel que soit le niveau auquel elle s’exerce, dépend donc de l’influence qualitative de l’Esprit via l’Intellect, de la nature de l’esprit de l’être, et de l’équilibre des 2 dimensions psychique et corporelle.

La clef de la relation créature/conscience est l’Intellect ; en effet, plus celui-ci s’ouvre à l’Esprit, plus la conscience se détache d’un mode extérieur, ou séparatif, de connaissance ; et inversement, plus l’Intellect se ferme à l’Esprit, plus la conscience s’identifie à ce mode extérieur, ou séparatif, et donc à la créature elle-même (Voir à ce sujet le chapitre sur le démiurge de l’ouvrage « Mélanges » de René Guénon).

Note : il est important de considérer ici que le sens du mot intellect n'a évidemment rien à voir avec ce même terme qui désigne, pour les modernes, l'exercice des facultés mentales.